30 mars : Tout bonheur matériel repose sur des chiffres (Honoré de Balzac)

Chers amis wallons,

Tout d’abord, nous trouvons ça chouette que vous ayez également lu Victor Hugo. C’est important de perpétuer la littérature classique, et d’avoir un regard sur les pensées des auteurs de l’époque et leur vision de la société. Dans le cas de Victor Hugo, il faisait de la littérature engagée ce qui peut contribuer à une forme d’enseignement pour les lecteurs par exemple dans Le dernier jour d’un condamné (que nous avons lu en début d’année), il prend position contre la peine de mort.

Malgré tout, certaines personnes ont des a priori sur la littérature classique, la pensant trop compliquée ou trop subtile pour qu’elle soit comprise. Selon nous, il est toutefois important d’ essayer de s’y confronter, d’autant que des auteurs tels que Victor Hugo ou Maupassant sont relativement abordables.

Est-ce que dans le cadre de votre cours de français, vous devez lire beaucoup de livres ? Si oui, quel genre de livre préférez-vous lire (romance, littérature…)? Chez nous, nous devons en lire plusieurs, dont des livres de grands auteurs comme Zola, Balzac, Voltaire… (note de la prof : vous n’avez pas lu un roman de Balzac en entier.. quant à Zola, c’était une nouvelle 🙂) Pour jeudi, nous devons lire Honoré et moi, une petite biographie de Balzac assez accessible, parce que nous étudions actuellement le réalisme et le naturalisme. C’est un homme dont les parents voulaient qu’il devienne clerc de notaire qui voulait faire de la littérature. Cependant, lorsqu’il publie ses premières œuvres, on lui reproche de ne faire cela que pour l’argent, d’où le titre de cette chronique ! (Qu’en pensez-vous d’ailleurs ? L’argent fait-il le bonheur ?) Il faut dire que l’argent était au centre de sa vie : il est l’un des premiers écrivains à faire de la littérature alimentaire (écrire pour gagner de l’argent) et il dépensait des fortunes en éléments de décoration et en fringues !

De façon assez paradoxale, notre première réaction en voyant une gravure de Balzac a été sa laideur Il en parle d’ailleurs dans ses lettres : il n’avait pas l’impression que son physique correspondait à ce qu’il était… un physique d’épicier pour un homme délicat et sensible (auquel on prête d’ailleurs des amitiés masculines et un souci du plaisir féminin avant l’heure). C’est assez cocasse quand on sait que dans ses textes, on trouve le principe de physiognomonie qui était à la mode à son époque… c’est-à-dire que le physique d’une personne reflète ses traits de caractère. Évidemment c’est une théorie qui n’est plus du tout d’actualité, mais c’est vrai qu’ encore aujourd’hui, les gens ont énormément de préjugés sur une personne quand elle n’est pas attirante… Qu’en pensez-vous ? Peut-on faire abstraction du physique de quelqu’un ? (Note de la prof : on vous dira que oui, mais on connait tous le “elle a un beau visage MAIS elle est grosse / Thérèse n’est pas moche, elle n’a pas un physique facile”… Votre prof vous montrera la ref si vous ne l’avez pas 😉 )

Revenons-en aux lectures obligatoires à l’école… Nous pensons qu’il est important de lire de la littérature classique dans le cadre du cours de francais car cela alimente notre culture générale et cela participe à un enrichissement de la langue française. Néanmoins, nous sommes d’avis qu’il faut d’abord s’intéresser à la vie de l’auteur, sa biographie afin de saisir les différents messages et les idées que l’auteur tente de nous transmettre. (Note de la prof – qui a décidément plein de choses à rajouter – : ça dépend de l’œuvre et de l’auteur… parfois, on peut s’en moquer royalement.)  De plus, il est intéressant de s’assurer que le sens et les idées principales de l’ouvrage ont bien été compris. Par exemple, faire le point sur le livre tous ensembles après la lecture. Certes, les ouvrages plus classiques demeurent importants mais il faut évoluer avec son temps et s’intéresser davantage à d’autres styles ou genres plus récents et traitant de sujets d’actualités, par exemple. Par contre, on a découvert que les 3ème année de notre école lisent de la New Romance pour les cours de français. Nous pensons que ça n’a pas sa place à l’école, cela n’a rien de cultivant. (On a d’ailleurs trouvé ça marrant d’en parler à notre prof parce qu’on sait qu’elle déteste la dark romance, et toute forme de romance niaise ou sexiste 🙂). Et puis ça ne touche qu’une partie de la classe (les filles en majorité). D’un autre côté, ça peut encourager certains à apprécier la lecture. Dans nos cours de français, on nous a souvent demandé de lire des livres qui étaient peu intéressants voire mal écrits comme La Femme de Ménage (l’avez-vous lu aussi ?). On sait que c’est un livre très apprécié et qu’il a donné le goût de la lecture a beaucoup de néophytes, mais avec du recul, le récit est mal raconté et il y a beaucoup de facilités scénaristiques qui nous on sortis de l’histoire.

Nous pensons également que nous devrions pouvoir choisir ou voter pour les livres qu’on lit. Pour la semaine prochaine, on a par exemple pu choisir chacun un essai qu’on devra lire puis présenter au cours de français, nous en débattrons en classe ensuite. Si cela vous intéresse, voici les titres : https://www.editionsdelamartiniere.fr/alt/. Cette liberté nous motive et nous pousse à nous impliquer davantage dans cette tâche.

Tout autre chose, nous avions aussi envie de vous parler de foot… Deux mois après la victoire du Sénégal lors de la CAN 2025, le Maroc, qui avait porté plainte, a finalement eu raison et la victoire lui revient. Cependant, le trophée est toujours au Sénégal et il refuse de le rendre, ce qui est selon nous normal puisqu’un tournoi se gagne sur le terrain et non avec des avocats. De plus, il y a eu beaucoup d’actes commis par le Maroc qui n’ont pas été pénalisés lors de cette CAN ce qui peut nous faire penser à de la corruption. Qu’en pensez-vous ? Nous sommes ouverts à la discussion. Certains d’entre nous ont regardé quelques matchs de préparation à la coupe du monde qui se passent en ce moment même. Avez-vous vu la victoire écrasante de la Belgique à L.A. contre les États-Unis ? Une phrase revient constamment dans nos têtes: Le football a changé (comme le dit notre cher et tendre voisin français Kylian Mbappé). Il a changé autant sur le plan footballistique et ses règles que  sur la beauté de ce sport. Tous ces changements de règles changent pas mal le jeu que nous voyons à la télé. Les 5 sec d’attentes max sur une sortie en touche, ou pour le dégagement du gardien, la règle de la VAR, qui enlève un peu de magie à ce sport, ou bien le fait que la VAR examinera les deuxièmes cartons jaunes entraînant un carton rouge. Personnellement, nous aimons beaucoup la dernière règle selon laquelle les joueurs auront 10 secondes pour sortir du terrain s’il y a un remplacement. Si le joueur prend plus de 10 secondes, le remplaçant devra attendre une minute pour rentrer sur le terrain et laissera son équipe en infériorité numérique. En effet, cela évitera toute perte de temps et privilégiera le jeu.

L’un de nous a eu l’occasion d’aller voir l’exposition « Bellezza e Bruttezza » à Bozar. Le sujet est la beauté et la laideur à la Renaissance. “J’ai bien aimé les œuvres exposées et la dualité entre celles-ci. L’exposition suivait un fil rouge intéressant où on se plongeait de plus en plus dans la laideur vulgaire et ce que représente celle-ci”. Cela nous ramène encore une fois à la question de l’apparence physique… Notre physique est-il le miroir de notre âme ? Avez-vous déjà entendu parler du Portrait de Dorian Gray ?