Le projet pédagogique que nous présentons est basé sur la rencontre de deux mondes qui ne se rencontrent jamais. Deux mondes qui se pensent très différents, se méfient l’un de l’autre et ont pourtant beaucoup de choses à se dire. Nous avons voulu que nos élèves qui ne se correspondent pas entame une correspondance. Correspondance collective et anonyme. Tournée vers le jeu, le défi, la curiosité. Encadrée par deux enseignants qui eux se connaissent, et qui tentent de mettre en oeuvre dans des écoles différentes la même pédagogie humaniste.
Pour écrire et se répondre, nous utilisons les moyens du numérique avec la création d’un site internet. Sans être technophobes, nous bannissons cependant l’usage de l’IA pour nos activités dans le cadre de ce projet. Ce que nos élèves disent, écrivent, montrent ou font entendre, doit toujours être issu de leur créativité, leur personnalité. Leur expression n’est pas formatée par une intelligence artificielle, mais générée par la discussion en classe et encadrée par notre expérience d’enseignants.
Les activités proposées ci-dessous ont été choisies pour leur aptitude supposée à la production d’une parole authentique. L’école est organisée pour que les élèves y acquièrent des compétences : celles que vous visons sont l’expression de soi et la découverte de l’autre. Mais aussi l’apprentissage de la cordialité, la réflexion sur le niveau de langage adéquat, la découverte de la fonction poétique du langage.
Concrètement, avec la classe de 6ème secondaire sélectionnée, nous consacrons chacun une heure par semaine de notre cours à répondre à la classe de l’autre école. La réponse consiste en un commentaire de la production reçue, suivie du lancement d’un défi.
Les productions hebdomadaires alimentent notre site internet commun. Chaque production engage toute la classe. Le site (le blog?) se présente sous la forme d’une chronique dont les enseignants sont les seuls éditeurs, mais qui peut être consulté par tous. Nous faisons le pari de l’intelligence collective, et grâce à notre savoir-faire et notre expérience, nous requérons la participation de chaque élève de la classe selon ses moyens.
Les élèves ne se rencontrent pas, ne divulguent aucune information personnelle (même pas leurs prénoms), ne se montrent pas en photo (sauf peut-être masqués), et bien sûr ne savent pas à quelle école appartiennent leurs interlocuteurs. Ils ne font que se parler, échanger.
Nous pensons qu’à sa mesure, notre projet contribue au vivre ensemble et l’édification d’une société plurielle, diverse… et heureuse. Au-delà des clichés